Stratégies de backtesting
Contenu détaillé
Objectif du backtest
Un backtest ne sert pas à « prouver » qu'une stratégie gagne, mais à mesurer une distribution de résultats : espérance, drawdown, sensibilité aux paramètres et robustesse dans différents régimes de marché. Sans protocole, il produit surtout des illusions.
Protocole en 7 étapes
- Hypothèse claire : quelle inefficacité présumée exploite-t-on ?
- Règles non ambiguës : conditions d'entrée, de sortie, de taille, filtres de session.
- Données propres : historique suffisant (≥ 3 ans, plusieurs régimes), coûts inclus (spread, commissions, financement, slippage).
- Période d'apprentissage : 60–70 % des données pour ajuster.
- Validation hors échantillon : 30–40 % jamais utilisés pendant la mise au point.
- Tests de robustesse : variation des paramètres, sous-périodes, actifs différents, inversion de tendance de marché.
- Paper trading : 20 à 30 trades en conditions réelles avant tout capital significatif.
Métriques à suivre
- Taux de réussite (win rate) — à interpréter avec le R moyen.
- Espérance = (taux de réussite × gain moyen) − (taux d'échec × perte moyenne).
- Profit factor = gains bruts ÷ pertes brutes (viser > 1,4 hors frais).
- Drawdown maximal et durée du drawdown (le critère le plus souvent sous-estimé).
- Nombre de trades : en dessous de 100, la significativité statistique reste faible.
- MAR (rendement ÷ drawdown) ou ratio de Sharpe pour comparer les variantes.
Pièges statistiques classiques
- Sur-optimisation : trop de paramètres ajustés au passé.
- Biais de sélection : tester 50 variantes et ne garder que la meilleure.
- Look-ahead bias : utiliser une information non disponible au moment de la décision.
- Survivorship bias : ignorer les actifs disparus ou les composantes d'indice révisées.
- Coûts irréalistes : négliger le spread réel aux heures de faible liquidité.
Robustesse : la vraie validation
- Les résultats doivent rester acceptables si l'on décale un paramètre de ±20 %.
- Le walk-forward (réoptimisation glissante) estime mieux qu'un backtest unique.
- Tester par sous-périodes pour vérifier la survie aux changements de régime (tendance ↔ range).
- Comparer à une référence simple (buy & hold, moyenne mobile) : sans surperformance, la stratégie n'apporte rien.
Checklist avant de passer en réel
- Règles écrites, sans interprétation possible.
- Coûts inclus et testés en version « dégradée » (spread doublé).
- Hors échantillon positif.
- Drawdown maximal compatible avec la tolérance psychologique.
- Paper trading documenté sur 20–30 trades.
- Mise en réel progressive : fraction de la taille cible (ex. 25 %) pendant un mois.